Radioscopie

Sans doute la peinture contemporaine se trouve-t-elle impliquée dans une problématique comparable à celle rencontrée par les impressionnistes, à la fin du siècle dernier : après la concurrence de la photographie, voici en effet l’inflation grandissante, et autrement plus dangereuse, de l’image télévisuelle.

C’est dire combien le face-à-face avec la toile est devenu difficile, douloureux. Mais que d’aucuns se plaignent d’être arrivés trop tard, Yves Maximo en revanche accomplit sa tache. Tout en silence et persévérance. Sait-il par là qu’il est de ceux par lesquels transite toujours la novation ?

Après avoir médité Picasso et Dali, le voici donc au seuil de sa propre conquête. Son arme la plus efficace ? Le bleu, qu’il risque parfois jusqu’aux limites du chant monochrome. Pour autant, celui qui n’y verrait qu’une qu’une simple succession d’aplats ferait preuve d’une affligeante cécité.

Car les toiles d’Yves Maximo, outre qu’elles ont un centre géométrique, disposent également d’un coeur : sous la forme de structures fines ou complexes, bref de mondes arachnéens visibles, parfois même audibles…

De telle sorte que, paradoxalement, l’ensemble de ces oeuvres évoque aussi bien l’art pariétal de Lascaux qu’un nouveau lyrisme outre-terrien. Et c’est cette double temporalité, ce perpétuel mouvement de balancier qui en constitue tout l’intérêt.

Assurément, avec des marathoniens comme Yves Maximo, le futur de la peinture est encore plein d’avenir.

Aristide Nerrière